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02/09/2010

Communiqué de presse

Communiqué de presse

 

 

 L’équipe de Jeudis Littéraires vous propose pour sa saison 2010-2011 un agenda diversifié et éclectique.

Selon une tradition bien établie nos rencontres sont mensuelles et sont autant que faire se peut en résonance avec la créativité littéraire contemporaine de l’Afrique et de sa diaspora.

Elles scrutent également les ouvrages qui ont pour objet l’Afrique dans ses rapports avec l’ensemble du monde.

 

C’est le linguiste, romancier et poète Julien Kilanga Musinde qui sera notre prochain invité.

La rencontre aura lieu le jeudi 9 septembre 2010 à la Porte du Sud, sise 218 chaussée de Wavre à1050 Bruxelles à 19h 30.

 

 

Julien Kilanga Musinde s’entretiendra avec Antoine Tshitungu Kongolo, critique littéraire et débattra dans la foulée avec le public sur les questions cruciales soulevées par ses livres.

François Kasongo, journaliste, de Radio Baobab et Radio Campus échangera avec l’auteur sur sa vision de l’Afrique de demain.

 

Ce premier rendez-vous sera suivi de neuf autres pour une exploration en profondeur des Afriques littéraires, sans œillères ni démagogie.

 

 

Pour l’équipe de Jeudis Littéraires

Antoine Tshitungu Kongolo

 

Cet événement est organisé par l’équipe de Jeudis Littéraires & Panafrica Librairie Multimédias, avec le soutien d’ASD (Association pour la Solidarité et le Développement).

 

 

 

01/02/2008

Vient de paraître

Antoine Tshitungu Kongolo, « Littérature congolaise : des pionniers à l’essor actuel » dans LE CARNET et LES INSTANTS , numéro 150, du 1er février au 31 mars 2008, pp.37-42




« Dans le cadre de l’opération « Yambi ! », organisée par la Communauté française de Belgique et le gouvernement congolais, de nombreux écrivains congolais ont rencontré le public mais aussi leurs confrères belges avec lesquels ils ont débattu de la littérature telle qu’elle se pratique ici et chez eux. Poésie, théâtre, essais, critique littéraire, transcriptions de contes et adaptations littéraires de textes oraux… le panorama de la littérature congolaise est en effet d’une richesse incontestable.
Voici, pour le lecteur non initié, une première approche qui, espérons-le, suscitera en lui le désir d’en savoir plus.

Ecrire en français et dans les langues locales
L’histoire de la République Démocratique du Congo a du mal à s’accommoder de normes en vigueur dans les anciennes colonies françaises d’Afrique. La politique d’assimilation chère à la France, qui aura imprégné pour le meilleur et pour le pire la trajectoire politique, culturelle et littéraire des pays placés sous sa tutelle fut tenue en suspicion par les Belges voire ostracisée.
Inséparable du principe de l'administration indirecte, la planification linguistique érigea quatre langues véhiculaires (kikongo, ciluba, swahili, lingala) au statut de langue d'évangélisation et d'enseignement. Dans ces quatre langues codifiées, promues et diffusées parfois au-delà de leurs aires traditionnelles d'expansion, les Congolais ont rédigé dans les moules reçus de leurs tuteurs une littérature marquée par l'adoptions des valeurs chrétiennes et occidentales. C'est à travers lesdites langues que les Congolais de l'époque coloniale ont appris à lire et à écrire qu'ils vont enrichir la bibliothèque écrite , d'une part en recueillant de l'intérieur les réactions du noir face à la mort d'un être cher. C'est un autre élève des missions en la personne de Thadée Badibanga qui est primé par l'Académie française, en 1930 pour un recueil de fables luba intitulé L'éléphant qui marche sur des oeufs. Le doute sur l’existence de Badibanga, considéré comme un auteur apocryphe, n’est plus d’actualité. Reste la complexité d’un ouvrage à plusieurs mains où les talents des imagiers Lubaki et Djila Tendo furent mis à contribution. Ce texte qui tire sa substantifique moelle du terroir kasaïen est loin d’être une nègrerie concoctée par G.D. Périer et Dulonge comme d’aucuns l’ont soutenu. Stefano Kaoze, premier prêtre catholique indigène, fut longtemps minorisé. Des travaux récents auront permis de le mettre en évidence tout à la fois comme une des premières figures intellectuelles du pays et comme pionnier de l’écriture en langue française, au-delà même de sa production de jeune séminariste. Comme pionnier de la fiction congolaise, le nom de Paul Lomami Tshibamba s’impose en amont de l’écriture romanesque tant au Congo Belge qu’au Congo français, où l’auteur vivra en exil.[…]

(Lire la suite dans LE CARNET et LES INSTANTS , numéro 150, du 1er février au 31 mars 2008 ). Pour tout renseignement sur ce magazine édité par la Promotion des Lettres :
Michelle Dahmouche, michelle.dahmouche@cfwb.be (Tél.02.413 23 21).

23/11/2007

Sublimes passions tribales

Sublimes passions tribales, récit, Edition Mosaïque, Kinshasa, 2000
Dans ce récit poignant l'intrigue est réduite à l'essentiel.Huit Mulongo s'est inspiré des évènements tragiques qui ont endeuillé le Katanga au tournant des années 90 avec leur cohorte de pogroms anti-kasaiens, suivis d'expulsions des populations originaires de deux provinces kasaiennes, indexées de proiteurs par des politiciens véreux en cheville avec le pouvoir vacillant du défunt Maréchal Mobutu.
Sur cette toile de fond dominée par l'intrumentalisation de la donne ethnique, portée à son acmé, se nouent une idylle entre Ilunga, originaire de la province cuprifère, et Accalmie, née de parents non-originaires.
Les sublimes passions tribales sonnent l'heure fatidique de l'explusion des indésirables sur des trains maudits qui les conduisent vers d'hypothétiques terres ancestrales.C'est la séparation forcée et doloureuse de Ilunga et sa dulcinée qu'il ne reverra plus.Le malheureux assommé par son drame personnel maudit les élucubrations criminelles des politiciens
Le traumatisme subi lui vaut un séjour de plusieurs semaines dans une clinique psychiatrique.
Cependant par un courrier miraculeux, Ilunga apprend que sa fiancée est encenite de lui.
Il reprend espoir dans l'attente du retour de sa belle  et de leur mariage.
Toutefois, la coupure entre les deux provinces ne permet guère de communiquer.
Grande sera la surprise de Ilunga de voir débarquer les parents de sa fiancée avec l'enfant né de leurs amours.L'absence de la mère l'intrigue.Le suspens est à son comble.L'irréparable est arrivé: Accalmie n'est plus.
Ce texte donne au thème de l'amour une résonnance tragique quasi unique dans la littérature congolaise de langue française.Ce récit a des accents shakeaspeariens; Ilunga et Accalmie sont, à leur manière,  les pendants de Roméo et Juliette.
Ils communient dans le refus de la loi des clans et des fratries.Ils n'ont cure des ukases de la haine, des mises à l'index et des appels au meurtre, rivés qu'ils sont à leur rêve commun, celui d'un monde débarassé du tribalisme.
Le titre constitue une antiphrase qui fustige les comportements inhumains de ceux qui ont pactisé avec la haine.
                              Antoine Tshitungu Kongolo