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07/06/2010

Cap sur 50 ans !

Faisons en sorte que la commémoration des 50 ans d'indépendances africaines soit l'aube d'une ère nouvelle de fraternité et de solidarité entre le Sud et le Nord; entre l'Afrique, l'Europe, et le reste du monde. Il ne sera pas aisé de tourner les pages d'une "dépendance" où l'Afrique s'est enfoncée comme dans un marigot spongieux.

Le formatage de l'Afrique dans des moules préétablis lui a fait plus de mal que de bien. Pour en sortir, l'éducation et la santé devraient être érigées en priorités absolues. L'Eurocentrisme du Nord, héritage de l'ère coloniale, avec ses oeillères paternalistes, ses inclinations à la minoration du tiers, et son incurable et persistante stigmatisation du Noir africain constitue un obstacle et non des moindres sur la voie du renouveau. C'est de peuple à peuple que la coopération pourrait retrouver tout son sens, se réhabiliter, croître et assurer l'épanouissement des uns et des autres. Les Africains ne sont pas seulement des pauvres qui tendent la main.Il y lieu ici de souligner le rôle positif des initiatives émanant de la société civile dans le domaine de l'enseignement, lequel devrait devenir le point focal de toutes les entreprises et initiatives à venir. L'exemple de l'école de Madina, village aux confins du Mali et du Sénégal, créée en 2008 par Faraba Konaté, un immigré malien en France, témoigne de la volonté des fils et des filles de l'Afrique de pallier aux affres de la mal gouvernance et du mal développement par une solidarité bien inspirée. Le soutien apporté par les communes belges à de nombreuses écoles de Kinshasa ou d'ailleurs dans le cadre des jumelages Nord Sud mérite d'être salué. Ixelles a noué dans ce sens un partenariat avec sa jumelle Kalamu, à Kinshasa. C'est dans le champ de l'éducation que s'enracine la dépendance de l'Afrique qui est loin d'être une figure de style. Dans le domaine tout aussi crucial de la santé, en République Démocratique du Congo, le basketteur Mutombo Dikembe a construit avec ses deniers un hôpital imposant et bien équipé à l'usage de ses compatriotes kinois: une première dans ce pays pillé et pressuré dont les richesses prennent ordinairement le chemin des banques du Nord. Il nous faut procéder à une lecture rigoureuse du demi-siècle qui vient de s'écouler, à distance de l'afro pessimisme, et loin des simplismes des discours identitaires et leurs poussées de haine. Il faut que l'Afrique se défasse des boulets de la dépendance et qu'elle soit libérée des servitudes de la dette. C'est dans une solidarité et une coopération accrue entre Africains, d'une part, entre Africains et le reste du monde, d'autre part, que se trouvent quelques unes des clés d'un avenir meilleur. Matongazet ne peut éluder la commémoration des indépendances africaines proclamées en 1960. Ce momentum historique souda l'Afrique dans une ferveur inégalée. Nous invitons tout un chacun à l'exercice salubre du bilan et surtout de mettre le cap, les yeux ouverts, sur le demi siècle à venir.

Toujours de l'Afrique viendra quelque chose de nouveau!

Antoine Tshitungu Kongolo

Paru dans le numéro 2 de Matongazet

16/03/2010

1960: année de ferveur

Les indépendances africaines en 1960 : retour sur une intense ferveur

 

 

Ce moment de fête, de communion collective, et de rhétorique flamboyante, en un jet continu, aura été marqué par une créativité artistique, musicale et poétique qui rayonne encore dans la mémoire collective avec une rare acuité.

En musique « Indépendance chacha »de Kallé Jeff et l’African Jazz déferlera sur toute l’Afrique, et au-delà, au point d’incarner l’essence même d’une indépendance chérie alors par les peuples et leurs leaders dans une unanimité quasi sans faille.

Cette unanimité panafricaine de l’année 1960 se laissait bercer par les utopies de la liberté, l’avènement des temps nouveaux, débarrassés de tous les symboles de l’oppression coloniale : le fouet, la ségrégation raciale, l’asservissement, le mépris, les inégalités.

 

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