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09/01/2011

Marseille: Afrique en toutes indépendances

Afrique, en toutes indépendances

21 et 22 janvier 2011

 

Rencontres littéraires et cinématographiques        

Entrée libre

 

Maison du Peuple Kurde

29 Boulevard Longchamp

13001 Marseille

 

Informations :

 

Lectures du Monde 06 62 39 30 84 lecturesdumonde@free.fr

 Peuple et Culture Marseille 04 91 24 89 71 peupleculture.marseille@wanadoo.fr

 

Contact presse

Amandine Tamayo  04 91 24 89 71/06 74 18 21 23 at.peupleculture@yahoo.fr

 

 

 

 

Objectivement où peut-on arriver lorsque l’on est mal parti ? Encore faut-il que nous reconnaissions que nous sommes mal partis ! Cinquante ans après nos indépendances, nous ne savons pas encore où nous, nous sommes arrivés.

Venance Konan, journaliste ivoirien

 

Lectures du Monde et Peuple et Culture Marseille vous proposent de débattre de l’histoire et des mémoires mises à mal en Afrique subsaharienne, tout en évoquant la vitalité de ce continent et en questionnant sa créativité littéraire et cinématographique.

Ce projet a germé en lisant le numéro de la revue Riveneuve Continents sorti en mai 2010 sous le titre ambigu Afrique, en toutes indépendances. Antoine de Gaudemar, rédacteur en chef de la revue, a proposé à des écrivains africains de réagir en toute liberté autour des idées d’ indépendance et de 50 ans après. Pluralité d’écritures : des nouvelles, des manifestes ironiques, des fulgurances poétiques...

Les lire, c’est se questionner sur la mémoire des luttes - confisquée ? - sur la stratégie du néo-colonialisme sans territoire, le rôle des élites, les histoires plus personnelles... Et c’est lire le passé à la lumière du présent en donnant place à des artistes africains d’aujourd’hui, écrivains et cinéastes.

Il s’agit aussi de découvrir un peu de la création cinématographique de réalisateurs ou réalisatrices africains. Quels imaginaires et réalités révèle-t-elle ? Dans quelles conditions économiques et politiques se fabrique-t-elle ? Quels en sont alors les tribulations, les détours et les révélations ?

C’est à ces voyages faits de mots, de sons et d’images en question que nous vous invitons.

 

 

 

 

Vendredi 21 janvier 2011 à partir de 18h30

 

18h30 Lecture rencontre

Autour de Afrique, en toutes indépendances, n°11 de la revue Riveneuve continents (mai 2010) Rencontre animée par Sara Vidal avec le rédacteur en chef de la revue Antoine de Gaudemar, Monique Agénor et Antoine Tshitungu Kongolo, auteurs ayant participé à ce numéro.

 

 

21h30 Projection discussion Lumumba, la mort du prophète de Raoul Peck

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Ce film a été pour moi une tentative de faire le point sur une partie de ma vie et d’inscrire une mémoire personnelle dans la trame de l’événement historique.

Raoul Peck Documentaire de création où biographie et histoire, témoignages et archives constituent la trame d’une réflexion autour de la figure de Patrice Lumumba, déclaré premier héros national du Congo. Fondateur du Mouvement National Congolais, celui-ci n’a pas 30 ans lorsque les événements le propulsent sur la scène internationale. Premier ministre en 1960, alors que le pays vient d’accéder à l’indépendance, il ne restera que 3 mois au pouvoir. Arrêté par Mobutu, son ex-adjoint qui prendra par la suite le pouvoir, il est tué en janvier 1961 lors d’une tentative d’évasion (selon la version officielle...).

 

 

Samedi 22 janvier 2011 à partir de 19h

 

Témoignages sur la création cinématographique aujourd’hui en présence d’Olivier Barlet, directeur des publications d’Africultures et avec l’amicale participation d’Antoine Tsitungu Kongolo, auteur de l’anthologie Poète ton silence est un crime (L’Harmattan)

 

19h30 Kukan kourcia, Le cri de la tourterelle de Sani Elhadj Magori (Niger, documentaire, 2008, 62’, couleur)

Un long voyage du Niger à la Côte d’Ivoire, à la rencontre des Nigériens poussés à l’exil par Zabaya Hussey, jeune cantatrice adulée. Aujourd’hui, elle va vers eux avec une chanson qui leur demande de rentrer au pays. Le film soulève la question de la séparation de notre terre natale : pourquoi ces hommes sont partis de chez eux ? Et qu’est-ce qui les retient là-bas pendant tout ce temps ?

 

21h30 Un transport en commun de Dyana Gaye (France/Sénégal, comédie musicale, 2009, 48’, couleur)

Road movie musical : Dakar, Sénégal. C'est la fin de l'été. Le temps d'un voyage de Dakar à Saint Louis, les passagers d'un taxi- brousse croisent leur destin et se racontent en chansons. La route est longue, la chaleur intense et les routes surchargées.

 

Bar et restauration sur place                                  Présence de la librairie Histoire de l’oeil

 

 

Les auteurs invités

 

Monique Agénor

Née à Saint-Denis de la Réunion. Comédienne, elle devient Auteur/producteur de films documentaires et finit par se consacrer avec beaucoup de plaisir à la littérature. Parmi ses œuvres, L'Aïeule de l'isle Bourbon (roman), Paris, l'Harmattan, 1993, Bé-Maho, Chronique des îles sous le vent (roman), Paris, Le Serpent à Plumes, 1996, Comme un vol de papang' (roman), Paris, Le Serpent à Plumes, 1998.

 

Antoine Tshitungu Kongolo

Né à Lubumbashi (R D du Congo), écrivain, poète, nouvelliste et essayiste, A. T. Kongolo témoigne par ses nombreux projets d'écriture sur la mémoire et l'histoire du continent africain de la volonté de renouvellement de l'engagement de l'écrivain. Aux pays du fleuve et des grands lacs(AML, 2000, Poète, ton silence est crime, panorama de la poésie congolaise de langue française, Paris, L'Harmattan, 2003, Tanganyika blues (poèmes), Paris L'Harmattan, 1997, Fleurs dans la boue (roman), Kinshasa, Médiaspaul, 1995, Mon pays absent (poèmes), Bruxelles, Emile Van Balberghe, 1991.

 

 

Réalisateurs des films projetés

 

Sani Elhadj Magori

Né en 1971, a travaillé comme journaliste pour différents magazines et journaux, français et nigériens. Suite à un Master 2 en réalisation documentaire de création, il se lance très activement dans la réalisation. Son deuxième documentaire, intitulé Pour le meilleur et pour l'oignon, s'est vu attribuer entre autres les prix Jean Rouch au Forum africain du film documentaire de Niamey en 2008 et Fatumbi au Festival International Jean Rouch 2010, Paris (France).

 

Dyana Gaye

Née à Paris en 1975, diplômée de lʼUniversité de Paris VIII – Saint-Denis. En 1999, lauréate de la Bourse Louis Lumière – Villa Médicis Hors les murs pour son scénario Une femme pour Souleymane, elle le tournera lʼannée suivante et obtiendra de nombreux prix. Parallèlement, Dyana Gaye a travaillé comme programmatrice à lʼA.C.I.D. (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) durant plusieurs années. En 2004, elle signe jʼai deux amours qui fait partie dʼune série de 15 courts-métrages intitulée “Paris, la métisse ». Son dernier court-métrage, “Deweneti” (2006), a reçu de nombreuses récompenses et sera nominé pour le César du court métrage en 2008.

 

Raoul Peck

Né en 1953 à Port-au-Prince (Haïti). Ses parents fuient la dictature haïtienne de Duvalier et s'installent au Congo. Après des études d'ingénieur aux Etats-Unis, en France et en Allemagne, il se tourne vers le journalisme, la photographie et le cinéma. Il a réalisé notamment Sometimes in April (2004), Moloch Tropical (2009), En 1994, il obtient le prix Nestor Al- mendros "Human Rights Watch" pour l'ensemble de son travail en faveur des Droits de l'Homme. De 1995 à 1997, il est Ministre de la Culture de la République d'Haïti. Il devient Président de la "Commission d'Aide au Cinéma Fonds Sud" (France), avant d'être nommé en janvier 2010 Président de lʼécole de cinéma la FEMIS (Paris). Son œuvre est radicalement engagée politiquement et socialement, avec pour thème récurrent l'héritage de la dictature post-coloniale.

 

 

 

 

Les associations organisatrices

 

Les 2 associations ont déjà collaboré ensemble à plusieurs reprises notamment en 2007 pour D'île en île, une semaine de littératures insulaires.

 

L’Association marseillaise Lectures du Monde existe depuis 1999. Elle a privilégié l’instauration de rencontres littéraires entre des écrivains contemporains et un public marseillais curieux du « moins connu ». Elle veut dans le paysage culturel et littéraire de notre région mieux faire connaître et mieux diffuser les littératures contemporaines appartenant à l’aire géopolitique des pays dits « du Sud ».   Littératures qui s’inscrivent très souvent dans le champ de la francophonie  et appartiennent à l’aire culturelle des différentes immigrations qui ont en vagues successives construit la diversité de la cité phocéenne et de la région : arabe, antillaise, africaine, arménienne, asiatique, moyenne-orientale…

 

Lectures du Monde : tel. 0662393084 Mails : -lecturesdumonde@free.fr  ou sara.andree@free.fr

 

Créée à Marseille en 2003 et membre du réseau national Peuple & Culture qui, lui, existe depuis 1945,  Peuple & Culture Marseille développe des actions de diffusion, de médiation et de pratique de la langue et l’image dans le but de susciter une relation vivante à la littérature et au cinéma pour en faire l’outil de développement d’une culture partagée.

Nos disciplines artistiques privilégiées sont le cinéma et la littérature du réel et nos choix vont vers des œuvres qui explorent de nouvelles formes artistiques tout en interrogeant les représentations d’un monde en mouvement.

Les activités prennent des formes diverses : lectures-rencontres avec des écrivains invités, ateliers d’écriture, ciné-clubs documentaire, ateliers de spectateurs-programmateurs, ateliers de réalisation cinématographique, projections-débats de films documentaires, formation-action des acteurs culturels et socio-éducatifs.

 

Peuple et culture  6 – 8 rue de Provence – 13004 Marseille / Tel/04 91 24 89 71 peupleculture.marseille@wanadoo.fr

 

08/10/2007

Les funérailles de Lumumba

Le Studio Théâtre de La Louvière présente :

 

 

 

 

 

LES FUNERAILLES DE MONSIEUR LUMUMBA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

de Jean LEROY

 

 

 

 

 

Il y a quelques années, une Commission parlementaire a reconnu l'implication de la Belgique dans l'assassinat, en janvier 1961, de Patrice LUMUMBA, Premier Ministre démocratiquement élu de la République du Congo. Mais presque un demi-siècle après l'indépendance de l'ancienne colonie, et malgré les conclusions des experts, les rapports entre Noirs et Blancs ont-ils véritablement changé ? Une relation d'égal à égal peut-elle enfin se construire sur les cendres du passé ? Une femme et un homme vont tenter ce pari, célébrant au bord d'une tombe vide ces funérailles que l'histoire a toujours refusées à Patrice LUMUMBA...

 

 

 

 

 

 

 

Représentations : mardi 6, jeudi 8, vendredi 9 novembre à 20h00 et dimanche 11    novembre à 16h00

 

 

 

Salle :                   Centre Dramatique de Wallonie pour l'Enfance et la Jeunesse

 

rue des Canadiens, 83 à Strépy-Bracquegnies

 

(suivre « Centre sportif »)

 

 

 

Réservation :        Centre culturel régional du Centre (064/21.51.21)

 

 

 

Texte :                   Editions du Cerisier (novembre 2007)

 

                              préface d’Antoine Tshitungu Kongolo

 

16/08/2007

Le français au Congo 2

Mes ancêtres ont été excessivement marqués par une monstrueuse frustration , engendrée par une politique éducative qui, sous couleur de respecter  les peuplades locales(sic)et de préserver leur âme, empêcha systématiquement les Congolais de s’approprier la langue française. Sans doute de crainte qu’elle ne fût aussitôt retournée contre les maîtres.

Les tensions furent vives entre « bantouistes » ou « indigénistes », contempteurs de toute forme d’assimilation, et les « Européanistes » qui plaidaient, au nom de la modernité, l’enseignement de langues européennes au Congo belge.

A cette aune, l’on ne peut que comprendre l’appel reccurent à une généralisation de l’enseignement du français dans « La Voix du Congolais », à la veille même de l’indépendance du Congo, en 1960.

Cette insistance n’est guère gratuite puisque ceux qui connaissent le français sont les interlocuteurs obligés des Belges.C’est donc parmi les anciens élèves de séminaires essentiellement que se recrutent les évolués. La plupart des leaders , Patrice Lumumba est une exception qui confirme la règle, sont en effet des anciens séminaristes.

Ce dernier, partisan échaudé de la communauté belgo-congolaise prononce un discours de rupture le 30 juin 1960.C’est par une harangue mémorable de par sa charge rhétorique qu’il répond , sans y être  formellement invité au discours du roi des Belges, qui avait préconisé que la Belgique accordât l’indépendance au Congo « sans précipitation inconsidéré ni atermoiements funestes ».

La langue est ici ( allusion au discours de Patrice Lumumba)au service d’une vision de l’histoire coloniale en contradiction avec les mythes boursouflés de la colonie modèle.Lumumba dévoile dans une envolée lyrique digne des révolutionnaires d’antan , sa lecture de la colonisation , imprégnée de principes de droits de l’homme. Il a beau jeu de démontrer à travers quelques exemples habilement choisis les manquements du colonisateur à l’idéal de fraternité et d’égalité.

Ce qu’on considéra -à tort-comme un crime de lèse-majesté constitue un monument rhétorique de premier ordre qui rendait avec un relief pour le moins inouï le vécu peuple opprimé.L’orateur Lumumba renversait en même temps les repères convenus ; le pupille s’imposait en maître incontesté du verbe, et le maître prenait soudain la mesure de la liberté prise à son corps défendant.

N’est-ce pas une ironie de l’histoire que Lumumba ait pu se servir avec une telle maîtrise

de la langue de Molière et de Vaugelas, lui le rejeton de ce peuple à qui l’enseignement de la langue française n’avait été concédée pour ainsi dire qu’à dose homéopathique ?

Lumumba ne recherchait pas les béatitudes celestes mais voulait la liberté pour son peuple.

 Oui, parler français ne mène pas au ciel comme le disait un missionnaire flamand , mais tout dépend de l'usage qu'on en fait!

 

Antoine Tshitungu Kongolo