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05/03/2011

Coopération sino-congolaise

 Adulée par les Africains ; vilipendée en Occident, la Chine devenue une puissance économique et politique majeure du 21ème siècle, s’affirme comme un partenaire incontournable à même de contribuer substantiellement au progrès d’un continent qui a vu son développement obéré par le syndrome de la dépendance, héritée de l’ère coloniale, et qui n’a cessé de croître tout au long des décennies post-coloniales.

 

 

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09/01/2011

Marseille: Afrique en toutes indépendances

Afrique, en toutes indépendances

21 et 22 janvier 2011

 

Rencontres littéraires et cinématographiques        

Entrée libre

 

Maison du Peuple Kurde

29 Boulevard Longchamp

13001 Marseille

 

Informations :

 

Lectures du Monde 06 62 39 30 84 lecturesdumonde@free.fr

 Peuple et Culture Marseille 04 91 24 89 71 peupleculture.marseille@wanadoo.fr

 

Contact presse

Amandine Tamayo  04 91 24 89 71/06 74 18 21 23 at.peupleculture@yahoo.fr

 

 

 

 

Objectivement où peut-on arriver lorsque l’on est mal parti ? Encore faut-il que nous reconnaissions que nous sommes mal partis ! Cinquante ans après nos indépendances, nous ne savons pas encore où nous, nous sommes arrivés.

Venance Konan, journaliste ivoirien

 

Lectures du Monde et Peuple et Culture Marseille vous proposent de débattre de l’histoire et des mémoires mises à mal en Afrique subsaharienne, tout en évoquant la vitalité de ce continent et en questionnant sa créativité littéraire et cinématographique.

Ce projet a germé en lisant le numéro de la revue Riveneuve Continents sorti en mai 2010 sous le titre ambigu Afrique, en toutes indépendances. Antoine de Gaudemar, rédacteur en chef de la revue, a proposé à des écrivains africains de réagir en toute liberté autour des idées d’ indépendance et de 50 ans après. Pluralité d’écritures : des nouvelles, des manifestes ironiques, des fulgurances poétiques...

Les lire, c’est se questionner sur la mémoire des luttes - confisquée ? - sur la stratégie du néo-colonialisme sans territoire, le rôle des élites, les histoires plus personnelles... Et c’est lire le passé à la lumière du présent en donnant place à des artistes africains d’aujourd’hui, écrivains et cinéastes.

Il s’agit aussi de découvrir un peu de la création cinématographique de réalisateurs ou réalisatrices africains. Quels imaginaires et réalités révèle-t-elle ? Dans quelles conditions économiques et politiques se fabrique-t-elle ? Quels en sont alors les tribulations, les détours et les révélations ?

C’est à ces voyages faits de mots, de sons et d’images en question que nous vous invitons.

 

 

 

 

Vendredi 21 janvier 2011 à partir de 18h30

 

18h30 Lecture rencontre

Autour de Afrique, en toutes indépendances, n°11 de la revue Riveneuve continents (mai 2010) Rencontre animée par Sara Vidal avec le rédacteur en chef de la revue Antoine de Gaudemar, Monique Agénor et Antoine Tshitungu Kongolo, auteurs ayant participé à ce numéro.

 

 

21h30 Projection discussion Lumumba, la mort du prophète de Raoul Peck

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Ce film a été pour moi une tentative de faire le point sur une partie de ma vie et d’inscrire une mémoire personnelle dans la trame de l’événement historique.

Raoul Peck Documentaire de création où biographie et histoire, témoignages et archives constituent la trame d’une réflexion autour de la figure de Patrice Lumumba, déclaré premier héros national du Congo. Fondateur du Mouvement National Congolais, celui-ci n’a pas 30 ans lorsque les événements le propulsent sur la scène internationale. Premier ministre en 1960, alors que le pays vient d’accéder à l’indépendance, il ne restera que 3 mois au pouvoir. Arrêté par Mobutu, son ex-adjoint qui prendra par la suite le pouvoir, il est tué en janvier 1961 lors d’une tentative d’évasion (selon la version officielle...).

 

 

Samedi 22 janvier 2011 à partir de 19h

 

Témoignages sur la création cinématographique aujourd’hui en présence d’Olivier Barlet, directeur des publications d’Africultures et avec l’amicale participation d’Antoine Tsitungu Kongolo, auteur de l’anthologie Poète ton silence est un crime (L’Harmattan)

 

19h30 Kukan kourcia, Le cri de la tourterelle de Sani Elhadj Magori (Niger, documentaire, 2008, 62’, couleur)

Un long voyage du Niger à la Côte d’Ivoire, à la rencontre des Nigériens poussés à l’exil par Zabaya Hussey, jeune cantatrice adulée. Aujourd’hui, elle va vers eux avec une chanson qui leur demande de rentrer au pays. Le film soulève la question de la séparation de notre terre natale : pourquoi ces hommes sont partis de chez eux ? Et qu’est-ce qui les retient là-bas pendant tout ce temps ?

 

21h30 Un transport en commun de Dyana Gaye (France/Sénégal, comédie musicale, 2009, 48’, couleur)

Road movie musical : Dakar, Sénégal. C'est la fin de l'été. Le temps d'un voyage de Dakar à Saint Louis, les passagers d'un taxi- brousse croisent leur destin et se racontent en chansons. La route est longue, la chaleur intense et les routes surchargées.

 

Bar et restauration sur place                                  Présence de la librairie Histoire de l’oeil

 

 

Les auteurs invités

 

Monique Agénor

Née à Saint-Denis de la Réunion. Comédienne, elle devient Auteur/producteur de films documentaires et finit par se consacrer avec beaucoup de plaisir à la littérature. Parmi ses œuvres, L'Aïeule de l'isle Bourbon (roman), Paris, l'Harmattan, 1993, Bé-Maho, Chronique des îles sous le vent (roman), Paris, Le Serpent à Plumes, 1996, Comme un vol de papang' (roman), Paris, Le Serpent à Plumes, 1998.

 

Antoine Tshitungu Kongolo

Né à Lubumbashi (R D du Congo), écrivain, poète, nouvelliste et essayiste, A. T. Kongolo témoigne par ses nombreux projets d'écriture sur la mémoire et l'histoire du continent africain de la volonté de renouvellement de l'engagement de l'écrivain. Aux pays du fleuve et des grands lacs(AML, 2000, Poète, ton silence est crime, panorama de la poésie congolaise de langue française, Paris, L'Harmattan, 2003, Tanganyika blues (poèmes), Paris L'Harmattan, 1997, Fleurs dans la boue (roman), Kinshasa, Médiaspaul, 1995, Mon pays absent (poèmes), Bruxelles, Emile Van Balberghe, 1991.

 

 

Réalisateurs des films projetés

 

Sani Elhadj Magori

Né en 1971, a travaillé comme journaliste pour différents magazines et journaux, français et nigériens. Suite à un Master 2 en réalisation documentaire de création, il se lance très activement dans la réalisation. Son deuxième documentaire, intitulé Pour le meilleur et pour l'oignon, s'est vu attribuer entre autres les prix Jean Rouch au Forum africain du film documentaire de Niamey en 2008 et Fatumbi au Festival International Jean Rouch 2010, Paris (France).

 

Dyana Gaye

Née à Paris en 1975, diplômée de lʼUniversité de Paris VIII – Saint-Denis. En 1999, lauréate de la Bourse Louis Lumière – Villa Médicis Hors les murs pour son scénario Une femme pour Souleymane, elle le tournera lʼannée suivante et obtiendra de nombreux prix. Parallèlement, Dyana Gaye a travaillé comme programmatrice à lʼA.C.I.D. (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion) durant plusieurs années. En 2004, elle signe jʼai deux amours qui fait partie dʼune série de 15 courts-métrages intitulée “Paris, la métisse ». Son dernier court-métrage, “Deweneti” (2006), a reçu de nombreuses récompenses et sera nominé pour le César du court métrage en 2008.

 

Raoul Peck

Né en 1953 à Port-au-Prince (Haïti). Ses parents fuient la dictature haïtienne de Duvalier et s'installent au Congo. Après des études d'ingénieur aux Etats-Unis, en France et en Allemagne, il se tourne vers le journalisme, la photographie et le cinéma. Il a réalisé notamment Sometimes in April (2004), Moloch Tropical (2009), En 1994, il obtient le prix Nestor Al- mendros "Human Rights Watch" pour l'ensemble de son travail en faveur des Droits de l'Homme. De 1995 à 1997, il est Ministre de la Culture de la République d'Haïti. Il devient Président de la "Commission d'Aide au Cinéma Fonds Sud" (France), avant d'être nommé en janvier 2010 Président de lʼécole de cinéma la FEMIS (Paris). Son œuvre est radicalement engagée politiquement et socialement, avec pour thème récurrent l'héritage de la dictature post-coloniale.

 

 

 

 

Les associations organisatrices

 

Les 2 associations ont déjà collaboré ensemble à plusieurs reprises notamment en 2007 pour D'île en île, une semaine de littératures insulaires.

 

L’Association marseillaise Lectures du Monde existe depuis 1999. Elle a privilégié l’instauration de rencontres littéraires entre des écrivains contemporains et un public marseillais curieux du « moins connu ». Elle veut dans le paysage culturel et littéraire de notre région mieux faire connaître et mieux diffuser les littératures contemporaines appartenant à l’aire géopolitique des pays dits « du Sud ».   Littératures qui s’inscrivent très souvent dans le champ de la francophonie  et appartiennent à l’aire culturelle des différentes immigrations qui ont en vagues successives construit la diversité de la cité phocéenne et de la région : arabe, antillaise, africaine, arménienne, asiatique, moyenne-orientale…

 

Lectures du Monde : tel. 0662393084 Mails : -lecturesdumonde@free.fr  ou sara.andree@free.fr

 

Créée à Marseille en 2003 et membre du réseau national Peuple & Culture qui, lui, existe depuis 1945,  Peuple & Culture Marseille développe des actions de diffusion, de médiation et de pratique de la langue et l’image dans le but de susciter une relation vivante à la littérature et au cinéma pour en faire l’outil de développement d’une culture partagée.

Nos disciplines artistiques privilégiées sont le cinéma et la littérature du réel et nos choix vont vers des œuvres qui explorent de nouvelles formes artistiques tout en interrogeant les représentations d’un monde en mouvement.

Les activités prennent des formes diverses : lectures-rencontres avec des écrivains invités, ateliers d’écriture, ciné-clubs documentaire, ateliers de spectateurs-programmateurs, ateliers de réalisation cinématographique, projections-débats de films documentaires, formation-action des acteurs culturels et socio-éducatifs.

 

Peuple et culture  6 – 8 rue de Provence – 13004 Marseille / Tel/04 91 24 89 71 peupleculture.marseille@wanadoo.fr

 

06/01/2011

EXPO: VISAGES DE PAUL PANDA FARNANA

EXPOSITION

 A l’ESPACE SENGHOR, Chaussée de Wavre 366 du   10 janvier au 8 février 2011

 

VISAGES DE PAUL PANDA FARNANA

 

 

 

 

 

 

 

Pour commencer

 

 

Multiples sont les visages de Paul Panda Farnana, premier Congolais détenteur d’un diplôme d’enseignement supérieur, fonctionnaire de la colonie, combattant de la Grande guerre (1914-1918) sous le drapeau belge, fondateur de l’Union Congolaise, militant du panafricanisme, précurseur du nationalisme congolais,

avocat de l’égalité de races, de la cause de femmes, des enfants mulâtres, fondateur d’une école pour Congolais en Belgique , entrepreneur, correspondant de presse, orateur redouté et plume au service du Congo et des Congolais…

 

Sans aucune prétention à l’exhaustivité, l’exposition « Les visages de Paul Panda Farnana » invite à la découverte d’une figure emblématique, sinon unique pour son époque, dont l’héritage politique, intellectuel et humain s’impose par sa pérennité et son actualité.

 

L’homme dont la voix retentit encore avec justesse plus d’un siècle après sa disparition avait mis le doigt sur les insuffisances du système de gestion, alors en vigueur au Congo, sans jamais tomber dans les manichéismes ni succomber à un quelconque racisme. Il fut un adepte du débat intellectuel et son propos anticipait de plusieurs décennies bien de questions  brûlantes bien de notre époque en termes de projets éducatifs et de modèles efficients de gestion.

Ses discours, ses articles, ses écrits étaient imprégnés, au-delà de la polémique, des idéaux humanistes et universalistes qui ont modelé son enfance et sa jeunesse en Belgique.

 

Il est véritablement le précurseur du nationalisme congolais comme projet politique alternatif au système colonial et seul capable, à ses yeux, d’ériger une société égalitaire, débarrassée de tout racisme et voué à la promotion de la population congolaise dans tous les domaines.

Il en appelle au passé prestigieux des anciens royaumes africains pour prôner la participation des chefs coutumiers aux instances décisionnelles du Congo et pose clairement la question de la participation des Congolais au système de démocratie représentative.

Il inscrit l’histoire du Congo – et de l’Afrique- dans la lignée de royaumes prestigieux d’antan dont le lustre plaide pour une véritable renaissance des peuples du bassin du Congo, et de l’homme noir partout dans le monde.

 

En bonne place dans son cahier de revendications figure l’africanisation du cadre de l’administration et notamment l’accès des Congolais méritants aux plus hautes fonctions de l’administration du Congo.

Une telle réforme suppose l’abandon des critères pigmentaires afin de privilégier le mérite ainsi que l’instauration d’une égalité absolue.

 

 

Paul Panda Farnana partage avec W.E.B. Dubois et bien d’autres le rêve d’une Renaissance africaine inséparable de l’avènement de l’indépendance des peuples de couleur dont la Conférence de Bandung en 1955 quelques décennies plus tard marquera une étape cruciale.

 

Dans le domaine de l’éducation, il s’est illustré dès 1919 par des propositions audacieuses consignées notamment dans sa lettre au Roi Albert 1er à savoir :

la création d’un établissement d’enseignement universitaire sur le sol même du Congo à l’usage des Congolais, l’ouverture d’écoles pour infirmières et infirmiers, d’établissements spécialisés pour initier à la gestion dans une optique moderne les futurs chefs coutumiers.

 

Il a défendu bien d’autres causes encore qui renforcent son image de précurseur , d’homme engagé, de leader désintéressé et souvent en avance de plusieurs coudées sur son époque.

C’est ainsi qu’il a défendu bec et ongles « les ménagères », concubines congolaises de coloniaux exigeant qu’il leur soit accordé les droits d’épouses légitimes, ce qui était loin d’être le cas.

De même s’est-il fait l’avocat des enfants mulâtres au statut problématique dans une société alors acquise à la stricte catégorisation des races. Des enfants trop souvent victimes de l’abandon par leurs géniteurs belges.

 

En tous les cas la trajectoire singulière de Paul Panda Farnana eut été inimaginable sans la générosité, l’affection, la protection et le soutien constant et quasi inconditionnelle de Louise Derscheid, sa seconde mère, sa marraine, à la fois pianiste virtuose et professeur de piano qui l’initia à la musique et lui prodigua une éducation placée sous le signe de l’ouverture, de la curiosité scientifique, et de l’amour de la nature, dans le respect des principes humanistes et universalistes.

 

 

 

Antoine Tshitungu Kongolo

Commissaire de l’exposition