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antoine tshitungu - Page 2

  • Monuments coloniaux

    La revue Les Nouvelles du Parimoine décline sa dernière livraison sous le thème "Les architectes belges au Congo".

    La contribution d'Antoine Tshitungu Kongolo est intutlée "Architecture , monuments coloniaux et mémoire coloniale"(p.44-46)

    En voici quelques extraits:

    "Les monuments coloniaux dont la Belgique est jonchée constituent des vestiges d’un passé qu’il nous appartient de lire avec une distance critique.Les images qu’ils véhiculent, les thèmes qu’ils brassent, les exploits qu’ils célèbrent  sont le plus souvent sujettes à caution. Ce sont des incarnations de l’imaginaire coloniale c’est-à-dire des réflecteurs de l’expérience coloniale de l’outre-mer telle qu’elle se projette en métropole. Ils relèvent d’une volonté de légitimation du fait colonial à l’usage de la métropole. Ces monuments ne constituent nullement des pages d’histoire en tant que telles.

    Moult exemples viennent à ma rescousse. La croisade contre « les esclavagistes arabes » telle que narrée à travers les statues commémoratives ne correspond pas aux faits sous l’angle strictement historique.

    Le terme arabe est d’ailleurs inexacte et l’abjection des arabisés de la côte est de l’Afrique qui contrôlent politiquement et financièrement des larges portions du Congo n’empêcheront guère le roi-souverain à faire appel aux services d’un Tippo Tip un membre de cette communauté honnie qui se mettra au service de l’EIC léopoldien. Par ailleurs l’esclavagisme en question tend à faire oublier à bon compte la traite négrière du XV° au XIX ° siècle pratiquée sans discontinuer par les nations européennes dans le mépris le plus total des populations africaines et congolaises. Ce même esclavagisme a servi de couverture et de caution aux ambitions coloniales de Léopold II dont on sait comment elles se sont terminées.

    Ce que l’on célèbre à travers la statuaire ce sont la conquête et ses violences cachées. Le discours des monuments coloniaux est de connotation paternaliste et raciste pour ne pas en dire davantage. De cette manière il aura contribué à légitimer la colonisation et contribuer à sa pérennisation. Il en découle une imagerie d’Epinal qui a servi à infantiliser et à défigurer des peuples présentés comme sauvages, sans culture, frappés des tares d’une arriération profonde dont on a encore du mal à se défaire aujourd’hui.

    Il faudrait bien sûr se pencher sur chaque monument, en étudier le langage et la manière dont chaque détail s’insère dans l’ensemble et pas seulement les inscriptions sur le socle. Il est vrai que ces inscriptions agacent par leur propension à sanctifier littéralement des « pionniers » au profil tronquée par la propagande, des conquérants aux exploits macabres et bien d’autres personnage au profil douteux."

    Les Nouvelles du Patrimoine N° 128 juillet-août-septembre 2010- 4 €

  • Une littérature à ancrage multiples

    Une littérature à ancrages multiples

    Etat des lettres congolaises avec l'écrivain Antoine Tshitungu Kongolo

    dans La Libre Culture du 30 juin 2010 p.22

  • Afrique en toutes indépendances

    A paraître: Riveneuve Continents n° 11

    Il y a cinquante ans, la vague des indépendances en Afrique francophone a changé le visage du continent et dessiné l’Afrique d’aujourd’hui, avec ses Etats cloisonnés aux frontières étranges ; avec ses peuples qui y retrouvent des identités longtemps étouffées ou brouillées, parfois improbables, ou qui s’en forgent d’autres ; avec une histoire à refaire dans le tournis d’une planète dressée sur ses blocs puis mondialisée à outrance. L’histoire de ces indépendances recouvre des vies singulières, des expériences, des regards de tous les jours que ce numéro tente de restituer dans leur épaisseur matérielle et leur tissu microscopique, leur conscience vive et leur modification permanente. Sous la figure emblématique des indépendances politiques, et du demi-siècle écoulé depuis, écrivains, artistes et intellectuels font part de leur vécu, de leur imaginaire, de leurs sentiments et de leurs analyses. Et nous révèlent leur Afrique, en toute indépendance.


    Au sommaire de ce numéro
    Alain Sancerni, Cheikh Hamidou Kane, Felwine Sarr, Léonora Miano, Bernard Mouralis, Florent Couao-Zotti, Edem, Lionel Manga, Flaubert Djateng, Véronique Tadjo, Venance Konan, Monique Agénor,  Joseph Tonda, Bill Kouelany, Antoine Tshitungu Kongolo, Patrice Nganang, Ludovic Obiang, Gabriel Mwènè Okoundji, Abdourahman A. Waberi,  Christophe Cassiau-Haurie, Hélé Béji.

    Libre Cours
    Madeleine Monette, Paul Gellings, Olivier Cousin, Chantal Neveu, Tristan Felix, Sara Vidal, Jean-Claude Fignolé, Lyonel Trouillot