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03/05/2008

Hommage à Aimé Césaire

Sous l’égide de l’association sans but lucratif Le Carrefour
& Le Conseil des Communautés Africaines en Europe et en Belgique (CCAEB)

Une soirée d’hommage à Aimé Césaire, véritable phare du monde noir, se tiendra le 15 mai 2008, à l’Espace Matonge, sis 78 chaussée de Wavre à 1050 Bruxelles, à partir de 19 heures.
Ouverte à tous ceux qui connaissent peu ou prou l’homme et son œuvre, cette soirée sera dédiée aux témoignages, à la lecture des poèmes de Césaire, aux multiples aspects d’un homme et d’une œuvre parmi les imposantes du vingtième siècle.

Le père de la négritude, l’auteur du mémorable « Discours sur le colonialisme », le chantre de l’Afrique et de la cause des opprimés recevra l’hommage des générations successives que sa parole et sa pensée ont modelées.
Porte-parole des opprimés, « bouche des malheurs qui n’ont point de bouche», chantre de la liberté, mémoire immense et unique du monde noir, homme du refus des compromissions,Aimé Césaire s’est illustré par des combats épiques contre la doxa coloniale, la politique de l’assimilation, les tenants de la loi sur les bienfaits de la colonisation, le racisme sous toutes ses formes, etc.

Cette soirée d’hommage à Aimé Césaire s’articulera autour des thématiques suivantes:
visages multiples d’Aimé Césaire, la négritude et ses alentours ,la mémoire nègre, Césaire et le panthéon nègre, « Le Discours sur le colonialisme », une saison au Congo ou Lumumba et l’indépendance du Congo, lire et enseigner Césaire, l’homme politique, Césaire et l’Afrique, les leçons d’une vie.

Lecture de textes par : Donatien Bakomba( comédien, directeur honoraire de l’ Institut National des Arts de Kinshasa), et Maximilien Antagana ( comédien et poète).
Modérateur : Antoine Tshitungu Kongolo
Co-organisation : Le Carrefour asbl et le CCAEB.
Pour tout contact : Antoine Tshitungu Kongolo (02 611 84 31) & H. Madinda (02 502 44 90)
Courriels : panat4000@yahoo.fr, citeafricaine@hotmail.com

18/04/2008

Aimé Césaire: un phare

Alors que l’idéologie coloniale , qu’on eût cru tombée en obsolescence ,requinquée par des historiens révisionnistes, se refait une jeunesse aux grands dams de la vérité historique et des drames qui ont jalonné la trajectoire des peuples colonisés, la lecture de l’œuvre du poète Aimé Césaire s’impose plus que jamais à tous, sa connaissance s’avère salutaire.
Précisons d’emblée que la guerre des mémoires au sujet de la colonisation qui fait rage
ces temps-ci se déroule sur fond de malentendus et non des moindres.
D’aucuns croient devoir rejeter toute repentance et se croient en droit de clamer haut et fort les bienfaits de la colonisation . Sur cette pente, glissent tous ceux qui font bon marché de la nécessité d’une lecture des faits de colonisation , débarrassée de la doxa. Le point de vue des victimes, en l’occurrence les peuples anciennement colonisés, est méprisé par ces thuriféraires de la colonisation. Sur le fonds, ils ne sont pas enclins à poser les indispensables questions méthodologiques soulevées par l’approche des réalités qui ne furent le plus souvent présentées que sous l’angle d’une propagande bien-pensante , à l’usage des habitants des métropoles coloniales.
La colonisation elle-même n’est qu’un maillon d’une longue histoire qui comprend d’autres faits tragiques comme la traite négrière notamment vers les Amériques.
Les légendes roses du colonialisme ne sont pas remises au goût du jour à tout hasard.
Il s’agit pour certains en Europe de se donner une bonne conscience et de légitimer un nouveau bail colonial en Afrique noire sous couleur de mondialisation.
L’idéologie colonialiste ,alibi de l’exploitation et de l’oppression des peuples niés dans leur culture, et méprisés en vertu des critères européo-centristes est aveuglante et incompatible avec les desseins de l’histoire en tant que telle. Une foultitude d’images d’Epinal colportées et répandues par les missionnaires comme par les gouvernements firent écran à la résistance farouche et désespérée des colonisés, aux abominations des fameux conquérants, assassins sans remords, et couvrit d’un voile les campagnes de pacification, des brutalités inouïes qui rendirent possibles la soumission des esprits et des corps.


C’est pour des raisons d’exploitation économique, dans un dessein impérialiste, que la colonisation fut entreprise et mise en place. Par bien d’aspects, elle fut le lieu d’expérimentation des méthodes totalitaires les plus brutales que les civilisés ou prétendus tels allaient expérimenter en Europe même. A en croire les hérauts du colonialisme, les
peuples noirs n’avaient ni histoire ni culture ; leurs religions : un tas de superstitions ;et leurs mœurs : barbarie. Dès lors le devoir incombait à l’Europe de les sortir des ténèbres du paganisme , de leur révéler le vrai Dieu , et leur apporter les lumières de la Civilisation !
Cette vulgate au service d’un ordre dominant à essuyé les critiques suscita un discours anti-colonial virulent auquel devait donner ses lettres de noblesse dans son essai « Discours sur le colonialisme ».
Agrégé de lettres, député au parlement français, chantre et co-inventeur de la Négritude,
poète de génie, Aimé Césaire aura été le pourfendeur patenté de la bien-pensance coloniale et
des courants de pensée épigones dont le fameux discours de Dakar prononcé par Nicolas Sarkozy est une émanation.
Aimé Césaire, lui, s’en prend à la légende rose de la colonisation , et aux mythologies complaisantes de la mission civilisatrice. Il dresse l’inventaire des drames et les met en balance avec les supposés bienfaits que sont la construction des routes et des chemins de fer….métaphores emblématiques et inusables !


Son œuvre constitue une plongée dans une mémoire ainsi qu’une histoire niées , tronquées.
Cette mémoire commune aux peuples noire, fruit d’une longue histoire a ses hauts faits ses héros dont l’historiographie en Europe n’ eut cure.
Comme contribution à l’histoire , il a signé un essai sur Toussaint Louverture. Haïti n ‘a cessé de hanter son imaginaire.
Le fait noir nié par la bourgeoisie mulâtre des Antilles dont il est issu est réhabilité et investi comme pôle majeure de l’imaginaire collectif par Césaire, lequel se réclame du monde noir dans sa totalité, et au-delà, le chantre des damnés de la terre, de tous les opprimés.
La résonance de son oeuvre et son influence sont considérables : en France pourtant, la poésie de cet agrégé de lettres , surtout à droite, sent le soufre ; en Afrique noire ses poèmes font partie des manuels scolaires et références de l’intelligentsia. Ils ont nourri de leur verbe incandescent, de leur phrasé incantatoire et de leur richesse d’images des générations successives d’intellectuels et d’écrivains.
« Je suis la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche » a-t-il assené. Ce vers tiré de Cahier d’un retour au pays natal a servi de credo et justifié consciemment ou inconsciemment bien de carrières de poètes. Sa geste poétique relève du marronnisme. S’engouffrant dans la brèche de Price-Mars , il rejette la tentation des mimétismes futiles et affligeants qui eurent des beaux jours aux Antilles. Il tourne définitivement la page des provincialismes et des bovarysmes littéraires qui prédominèrent dans les « Antilles heureuses ». La parodie lui permet de se démarquer des langages appris pour mieux fustiger le mensonge, la manipulation. Figure de proue de l’anticolonialisme de l’après-guerre, Césaire a rendu au poète une audience qu’il avait perdu au vingtième siècle, tout en conjuguant un verbe exigeant et une éthique foncièrement anti-raciale.
C’est le poète le plus cité spontanément par les écrivains du monde noir, ce qui est un paradoxe vu la difficulté même de ses poèmes truffées de mots rares , brisant la syntaxe et libérant le langage du corset des conventions et des arts poétiques un tantinet desséchés….
Il a une vision quasi prophétique de la mission du poète : lui même aura donné un bel exemple de l’alliance de la poésie et de l’action.

Les discours racistes sont à nouveau proférés sans qu’il en coûte à leurs auteurs qui se recrutent dans les rouages de l’Etat et même au plus haut niveau.
Leurs assertions douteuses dont le discours de Dakar est un exemple parmi d’autres sont le symptôme d’une fuite en avant des responsables politiques de l’Europe. Il s’agit de pseudo-justifications face aux malheurs du continent africain demeuré sous leur contrôle économique, politique, et social malgré les indépendances octroyées. C’est pour se déresponsabiliser d’avoir parrainé des dictatures, d’avoir cautionné , alimenté les évangiles sanglantes du tribalisme, d’avoir dupé le continent avec des programmes d’assistance qui ont accru la dépendance des pupilles, d’avoir fomenté un interventionnisme au service des marchands de canon sur le continent noir que certains dirigeants européens avec témérité tentent de s’auto-absoudre et de se présenter en chevaliers blancs. Quand on a refusé à des peuples la possibilité de s’inventer leur propre destin, est-on en droit de donner de leçons.
Leurs interlocuteurs , eux, n’ont pas oublié ; et si cela est , c’est grâce à des hommes comme Césaire. Nourri du meilleur de l’Occident, imprégné de la littérature française et européenne,
Césaire a pris le parti des bâillonnés pour dire ,dans la langue de l’oppresseur, la révolte du monde noir, la fierté d’appartenir à une race noire vouée aux gémonies.
Par-delà, ce poète de génie a contribuer a redonner du lustre au poète alors que d’autres genres à l’instar du roman ont la prééminence sur le marché littéraire sans que la qualité des textes en soient une justification.
Sa poésie de haute facture réhabilite le verbe et donne au mot une place et une résonance inouïes.
Césaire est un phare, une proue, un mât, un promontoire, une boussole pour notre monde dominé par les marchands de tout acabit, mués en prophètes qui escomptent notre chosification (vocable inventé par le poète martiniquais) définitive tout en nous promettant des paradis illusoires.


Antoine Tshitungu Kongolo

Ecrivain

08/10/2007

Les funérailles de Lumumba

Le Studio Théâtre de La Louvière présente :

 

 

 

 

 

LES FUNERAILLES DE MONSIEUR LUMUMBA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

de Jean LEROY

 

 

 

 

 

Il y a quelques années, une Commission parlementaire a reconnu l'implication de la Belgique dans l'assassinat, en janvier 1961, de Patrice LUMUMBA, Premier Ministre démocratiquement élu de la République du Congo. Mais presque un demi-siècle après l'indépendance de l'ancienne colonie, et malgré les conclusions des experts, les rapports entre Noirs et Blancs ont-ils véritablement changé ? Une relation d'égal à égal peut-elle enfin se construire sur les cendres du passé ? Une femme et un homme vont tenter ce pari, célébrant au bord d'une tombe vide ces funérailles que l'histoire a toujours refusées à Patrice LUMUMBA...

 

 

 

 

 

 

 

Représentations : mardi 6, jeudi 8, vendredi 9 novembre à 20h00 et dimanche 11    novembre à 16h00

 

 

 

Salle :                   Centre Dramatique de Wallonie pour l'Enfance et la Jeunesse

 

rue des Canadiens, 83 à Strépy-Bracquegnies

 

(suivre « Centre sportif »)

 

 

 

Réservation :        Centre culturel régional du Centre (064/21.51.21)

 

 

 

Texte :                   Editions du Cerisier (novembre 2007)

 

                              préface d’Antoine Tshitungu Kongolo