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25/09/2007

Inauguration de la sculpture de Freddy Tsimba

Date
29 septembre
de 15h00 à 18h00

Lieu
Angle de la chaussée de Wavre et la rue Longue vie
 1050 Ixelles

Africalia et la Commune d'Ixelles vous invitent à 

l'Inauguration de la sculpture «Au-delà de l’espoir» de Freddy Tsimba 
Première œuvre d’art contemporaine congolaise installée sur l’espace public en Belgique ! 
Nous avons le plaisir de vous inviter ce samedi 29 septembre 07 à 15h00 au dévoilement de la sculpture de Freddy Tsimba à l’angle de la rue Longue-Vie et la chaussée de Wavre en présence de l’artiste, des représentants de la Commune d’Ixelles et d’Africalia. 

15h00 Accueil par la Fanfare La Confiance (RDC)
15h30 Inauguration et découverte de l’oeuvre
16h00 Verre de l’amitié avec Percussions, Capoiera et
          fresque musicale (organisé par l’Espace Matonge)
18h00 Rencontre: "Pourquoi cette sculpture à
          Matonge?" 
animée par Antoine Tshitungu à l'Espace
          Matonge (organisée par l'asbl Panafrica)

Ce projet initié par Africalia et soutenu par l’Echevinat des Jumelages d’Ixelles s’inscrit dans le cadre de la coopération culturelle comme outil du développement humain durable.
Freddy Tsimba est né à Kalamu, commune kinoise récemment jumelée avec Ixelles. Son œuvre porte en elle des signes de refus et de contestation, elle est un cri de douleur et d’espoir. La matière première utilisée est constituée de douilles d'armes de guerre ramassées par l’artiste sur les champs de bataille. C’est dire si, au-delà de l’espoir et de l’esthétique de l’objet, l’histoire de ces bouts de métal reconstruits par un artiste congolais révèle un message de paix. Pour Africalia, le fait de voir installer une œuvre contemporaine originaire d’Afrique dans la capitale de l’Europe est une manifestation symbolique de de son action comme vecteur de développement durable au Sud comme… Au Nord.

 

30/07/2007

Tintin sous les manguiers

 

 

Là-bas, sous les tropiques congolais, à l’ombre vénérable de manguiers, Tintin fut le roi incontesté des bulles, la coqueluche des jeunes et des moins jeunes.

Aussi loin que je m’en souvienne, nous nous réunissions à plusieurs , autour d’un « grand » qui avait charge de tourner délicatement les pages de l’album et de nous contait l’histoire, en pimentant de temps en temps sa prestation de mimiques suggestives.

 

 

Mon frère aîné collectionnait les albums de Hergé.Pendant les vacances, les gosses de mon quartier accouraient sous le manguier imposant qui trônait dans la cour familial.

Mon aîné prenait le relais de conteurs d’antan.Il mimait les répliques et tournait les pages , dans le brouhaha de rires, d’interjections, de commentaires, et de disputes qui ne manquaient pas de surgir.

Ces lectures collectives avaient le mérite de permettre à ceux qui ne savaient pas encore lire

de comprendre le sel de l’histoire.

Il arrivait que l’officiant du jour tournât trop vite les pages ou qu’il voulut donner le change au gré des appréciations ou des inventions de son cru.Nos protestations indignées et véhémentes formaient un effroyable tintamarre.

Ces grands peu scrupuleux ont plus que probablement inciter les plus jeunes, dont j’étais, à maîtriser la magie des signes écrits.

Certes les dessins étaient explicites mais chacun souhaitait saisir par lui-même le sens des mots mystérieux enfermés dans des petits rectangles (les phylactères).

 

La plupart d’entre nous n’avaient pas encore commencé à user leurs culottes sur les bancs de l’école primaire. « Le grand » prenait avantage de cette situation et profitait pour distribuer des taloches aux plus rémuants.Et même, il s’autorisait d’exclure certains du cercle.Ces exclus s’en allaient en pleurs, frustrés et fous de rage.

 

Je dois cependant avouer que « Tintin au Congo »n’était pas de notre goût.

Les lippes rouges et trop épaisses des Noirs  nous rébutaient instinctivement.

Et que dire de leur teint cirage, de leurs dents de cannibales (impénitents), de leurs pieds nus.

Ils parlaient tous petit nègre : «  moi avoir, moi être content, moi… ».Rien à voir avec le français châtié de nos manuels de lecture.

La plupart étaient bêtes et méchants, superstitieux, dénués de toute sagesse, agissant exclusivement pour nuire.

Et tous ces Noirs s’aplatissaient devant Tintin, léchaient ses pieds.Ils lui rendaient le tribut de l’hommage dû à une déité pour ne pas dire un fétiche aux pouvoirs imparables. Et comme pour faire bonne mesure lui troussaient en petit nègre parfait des compliments ahurrisants d’inéptie.

Et ces féticheurs, ces chefs de village au ventre proéminent, Pouah ! Fissa, Boule de neige, petit boy et admirateur indécrottable de Tintin qui nous hérissait le poil par son petit nègre quasi parfait ! Et nom de Dieu,la laine crépue de ses cheveux , ses yeux fendus d’étonnement

(deux fentes grotesques) sur sa face de suie !

La vérité sort de la bouche des enfants.Nous exécrions « Tintin au Congo », alors même que le mot racisme ne faisait pas encore parti intégrante de notre vocabulaire.

Notre aversion pour « Tintin au Congo » vient de trouver quelques échos ces jours-ci du côté de l’Angleterre (ô perfide Albion !).Près de quatre-vingts ans après sa parution, les pontifes britanniques de l’antiracisme viennent de cautionner ce qui était une évidence pour les petits congolais.

Honnit soit qui mal y pense !

 

Post-scriptum : A part « Tintin au Congo », tous les autres albums –est-ce la peine de les citer ? - faisaient notre délice.