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14/01/2013

Les statues parlent aussi : un documentaire radiophonique à découvrir

La statuaire coloniale propose un récit de l’ « épopée coloniale » qui s’adonne à la glorification des « héros coloniaux » en terre congolaise ainsi que de la monarchie belge pour avoir mis en branle la mission civilisatrice au profit des populations attardées. Et surtout pour avoir permis l’expansion de la Belgique outre-mer en la dotant d’un véritable empire colonial au cœur de l’Afrique centrale.

Ces statues à la gloire de la colonisation qui essaiment le territoire de la Belgique souffrent, un demi-siècle après l’indépendance du Congo, du désintérêt du public. Leur message semble hors temps. Nombres de « héros » de jadis sont tombés dans les profondeurs de l’oubli. Et l’histoire de la colonisation telle que relayée par la mémoire collective essuie désormais les plâtres sous les regards dégagés de toute complaisance, en particulier au sein de nouvelles générations.Reliques d’une époque révolue, les statues n’en sont pas moins dénuées de messages.

La diffusion de ce projet est programmée, pour la première partie, le lundi 14
janvier 2013 à 16h00, et pour la deuxième partie, le lundi 21 janvier à 16h00.
Les rediffusions auront lieu les vendredis 25/01 et 01/02/2013 à 02h00.


Les statues parlent aussi

 La diffusion de ce feuilleton radio  est programmée, pour la première partie, le lundi 14
janvier 2013 à 16h00, et pour la deuxième partie, le lundi 21 janvier à 16h00.
Les rediffusions auront lieu les vendredis 25/01 et 01/02/2013 à 02h00.

 

Un documentaire radiophonique de Michel Bernard avec Antoine Tshitungu Kongolo

Avec le soutien du FACR (Fonds d'Aide à la création Radiophonique)

Une production Unités / nomade

Coproduction Atelier Graphoui

décembre 2012

La statuaire coloniale qui essaime le royaume constitue un discours inscrit dans la pierre chargé de messages à destination des Belges de la Métropole, avec ses thèmes de prédilection, ses images obsédantes et sa scénographie spécifique.

 

Lorsque Bernard Michel s’est ouvert à moi sur son projet de feuilleton radio consacré à la statuaire coloniale, je ne pouvais que l’encourager au vu des articles que j’avais d’ores et déjà publiés à ce sujet et dont au moins un avait eu le mérite de retenir son attention. J’avais également à mon actif des visites guidées axées sur cette thématique qui avaient engrangé un certain succès. Ma participation à son émission allait de soi. Cependant nos balades à Bruxelles et dans le reste de la Belgique pour y traquer ces reliques d’un autre âge ne pouvaient en aucun cas nous astreindre aux redites, car la matière est vaste et pour le moins passionnante.

Ecrivain et professeur de lettres, passionné de questions de mémoire j’ai eu à cœur de nourrir ce feuilleton radio en puisant aussi bien dans ce qui relève de faits historiques que de mes affects en tant que descendant de « pupilles ». Il n’a jamais été question pour moi de déballer un discours tout fait, conforme à telle ou telle chapelle idéologique. Il m’importe non de me positionner par rapport à cette statuaire mais d’en proposer quelques clés de lecture. Une manière de rendre audible-je n’ai pas dit crédible- ce qu’elles chuchotent d’un passé à repasser au peigne fin. Ces décombres d’une ère révolue font partie d’un legs historique commun à la Belgique et au Congo. Ce sont des témoins de ce passé, des lieux de mémoire qui s’invitent régulièrement dans les polémiques. Il importe de les préserver de la destruction autant qu’il est nécessaire d’en faire une lecture rigoureuse et pourquoi pas décalée et originale !

 

Reliques d’une époque révolue, les statues n’en sont pas moins dénuées de messages.

 

 Que disent-elles ?

Elles narrent l’épopée de l’homme blanc en terre congolaise. 

A travers la statuaire coloniale, les Nokos (les oncles belges en lingala) se sont auto-glorifiés, ne privilégiant que leur regard, leur vision, leur parole. 

Le Congolais y figure à titre de bénéficiaire de bienfaits qu’on lui apporte. Son rôle à lui sur la scène de l’histoire est ou minorée ou passé sous silence. Il n’est pas le sujet de l’épopée coloniale, ni vraiment un acteur. Quand il est fait référence à lui, c’est pour donner libre cours à sa reconnaissance. 

 

La statuaire coloniale qui essaime le royaume constitue un discours inscrit dans la pierre chargé de messages à destination des Belges de la Métropole, avec ses thèmes de prédilection, ses images obsédantes et sa scénographie spécifique.

  Antoine Tshitungu Kongolo

Ecrivain

 

 

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