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03/10/2011

Lettre de Kin

En proie aux affres de la mauvaise gestion et à la décomposition structurelle de l'ancien Zaïre, la SONECA, Société Nationale des éditeurs, compositeurs et auteurs, créée en 1969, a fini par rendre l'âme au bout d'une interminable agonie. Une nouvelle société a été créée sur ses cendres encore chaudes par décret présidentiel du 8 mars 2011: la SOCODA, Société congolaise des droits d'auteurs).

Si le vide laissé par la défunte SONECA est comblé au bout d'une longue attente qui a nourri l'exaspération des artistes de toutes disciplines, le pari est de taille et rien n'est gagné d'avance.

 

 


En proie aux affres de la mauvaise gestion et à la décomposition structurelle de l'ancien Zaïre, la SONECA a fini par rendre l'âme au bout d'une interminable agonie. Une nouvelle société a été créée sur ses cendres encore chaudes par décret présidentiel: la SOCODA.

Si le vide laissé par la défunte SONECA est comblé au bout d'une longue attente qui a nourri l'exaspération des artistes de toute discipline, le pari est de taille et rien n'est gagné d'avance.

D'une part, le bilan de la SONECA se résume en un mot le désastre, et d'autre part, la réussite dépend de toute une combinaison de facteurs.

Alors que la SONECA n'en finissait pas de s'enfoncer dans l'incurie, l'univers des droits d'auteur a connu une mutation majeure engendrée par la révolution numérique avec ses ombres et ses lumières.

Une révolution qui tend à mettre en péril, à tout le moins à redéfinir le droit d'auteur.

D'un côté les fossoyeurs du droit d'auteur, et de l'autre, ses défenseurs non moins déterminés.

 

Dans cette bataille mondiale qui a pour enjeux les revenus des auteurs, leurs droits moraux, et qui touche à la sauvegarde du patrimoine littéraire,et culturel, la solidarité entre le nord et le sud, entre l'Afrique et l'Europe s'avère cruciale face aux injonctions et diktats émanant des Etats-Unis, pour ne prendre que cet exemple.

Le débat en cours sur la numérisation des œuvres du patrimoine culturel est là pour en témoigner.

Cette solidarité pourrait prendre la forme d'une coopération à définir de manière à voir les partenaires du nord soutenir la SOCODA dans ses missions.

En effet, la création de la SOCODA constitue une belle opportunité pour mettre en place des outils culturels performants, et de mobiliser des fonds en faveur de la création qui souffre d'un déficit criant.

Elle pourrait déboucher sur la création d'un fonds de retraite pour les artistes financé par leurs contributions et géré par leur propre société. La SOCODA est à même de porter à bout de bras la professionnalisation de jeunes artistes afin de les prémunir de certains déboires vécus par leurs aînés.

Bref la création de la SOCODA est investie d'immenses espoirs. Il s'agit ni plus ni moins de solder des décennies d'incurie et de rendre leur dignité aux artistes trop souvent instrumentalisés à leur corps défendant par des dirigeants politiques plus soucieux du culte de leur personnalité, ingrédient de tout pouvoir qui prétend à la pérennité, que de création artistique en tant que telle.

 

D'ores et déjà la SABAM et la SACEM sont en premières lignes. En ce qui concerne la SABAM, la société historique en charge des droits d'auteur en RDC, il ne s'agit pas d'une approche totalement désintéressée car une partie de l'immense patrimoine musical et discographique congolais relève de ses activités. Les créations musicales congolaises des années cinquante et soixante ont drainé d'importants revenus vers la SABAM.

A -t-on soldé les comptes? Quels sont les arrangements et les accommodements avec la SOCODA? Et quels sont les contreparties éventuelles?

Ce disant, il ne s'agit pas de stigmatiser qui ce soit. Mais d'éviter la coopération étouffoir pour des horizons plus lumineux.

Antoine Tshitungu Kongolo

N.B.: Antoine Tshitungu Kongolo est membre du Comité belge de la SCAM. Il s'exprime ici à titre personnel.

 

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