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29/07/2010

La Bd congolaise à Ixelles

Rencontre littéraire (bd) avec Asimba Bathy

Dans le cadre des 50 ans d'indépendance du Congo, la bibliothèque vous invite ...

A découvrir la bande dessinée congolaise à travers une exposition et une rencontre avec Asimba Bathy, créateur du collectif Kin Label et initiateur de la bd " Congo 50 "

" Congo 50 " retrace un demi siècle d'histoire congolaise synthétisée dans une bande dessinée qui aborde sans complexe les heurts, malheurs, bonheurs et espoirs
de la population congolaise depuis 1960 à nos jours.

" Congo 50 " est l'oeuvre d'un collectif (Kin Label) regroupant le travail d'auteurs 100% congolais: Asimba Bathy, Fati Kabuika, Djemba Djeis, Tshamala Tetshim, Jason Kibiswa, Jules Baïsolé, Didier Kawendé et Cara Bulaya.


Au programme ...

18.30: Visite guidée de l'exposition sur la bd congolaise avec l'auteur et historien Antoine Tshitungu Kongolo

19.00: Présentation de la bd " Congo 50 " par Assimba Bathy

21.00: Séance de dédicace et verre de l'amitié

Entrée gratuite - Réservations souhaitées.

27/07/2010

Cinquante années du Congo en bande dessinée

 

C’est le propos de l’album collectif « Congo 50 [1]» cosigné par huit bédéistes congolais, membres de « Kin Label »,lequel tente de répondre à un pari pour le moins risqué à savoir livrer l’épitomé du Congo indépendant, depuis son accouchement à ce jour.

Huit artistes[2] se sont partagé la tâche chacun prenant en charge un de huit récits construits autour de deux jumeaux : une fille, Lipanda, et un garçon, Dipenda, venus au monde le trente juin 1960.

Leurs vies mouvementées épousent étroitement, du moins au niveau des intentions affichées, la trajectoire du Congo en cinq décennies.

Quelques points de repères se dégagent de cette saga : les discours du 30 juin 1960, dont celui de Patrice Lumumba ; la rébellion muléliste, l’expédition belgo-américaine contre les Simba à Stanleyville en 1964 ; la zaïrianisation [3] ;

le combat de boxe Ali contre Foreman dans la capitale zaïroise, les camps de réfugiés rwandais dans l’Est du Congo dans la foulée du génocide de 1994…

Quelques erreurs factuelles méritent d’être signalées : les rebelles enrôlées dans les rangs de Mulele ne disposaient pas de chars ! L’ONUC n’était pas présente à Stanleyville en 1964.

En outre si les récits sont fictionnels certains détails qui en émaillent le cours paraissent peu crédibles. Le père et la mère des jumeaux reçoivent en cadeau de leur ex-patronne magnanime une plantation de café. Dans le contexte de 1960 la chose est très peu probable pour ne pas dire impensable.

C’est faire bon marché du contexte tendu voire dramatique qui a entouré la proclamation de l’indépendance du Congo et vouloir solder à bon compte le fossé séparant Blancs et Noirs, Belges et Congolais, cloisonnés dans des univers superposés.

Les indigènes aspiraient de toutes leurs fibres à voir disparaître un système qui avait pour piliers institutionnels : le racisme, l’inégalité et le mépris.

Sans doute l’inattention a-t-elle eu aussi sa part dans les erreurs qui se sont glissés çà et là : à la page 17, il est affirmé que les jumeaux sont nés le 26 juin 1960, en contradiction avec ce qui est indiqué au début de l’album.

 

Cette initiative d’Africalia[4] mérite d’être saluée par sa volonté de confier à la magie des bulles le soin de consigner et de transmettre à la jeunesse congolaise une expérience collective tissée d’ombres et des lumières. En tant qu’outil de vulgarisation à vocation populaire, la bande dessinée se prête tout particulièrement à la mission de transmission de la mémoire collective congolaise qui fait figure d’un champ de décombres.

Toutefois l’on ne peut manquer de s’interroger sur les limites qui en découlent amenuisant en quelque sorte la liberté créatrice des artistes invités à s’impliquer dans l’exploration de leur passé. Le statut d’œuvre de commandité par Africalia, institution subsidiée par l’Etat belge ne manquera pas d’inspirer certaines réticences.

Création collective orchestrée depuis Bruxelles l’album Congo 50 pèche par une concession certaine au politiquement correct.

Les deux jumeaux forment des figures un peu trop lisses qui se meuvent davantage sur la scène de l’histoire comme des témoins et non des acteurs à part entière.

Les causes des guerres récurrentes qui déchirent le Congo demeurent dans l’ombre alors qu’il ne s’agit ni de fatalité ni de retour cyclique.

Les responsabilités dues au cynisme de la géopolitique ainsi qu’aux initiatives douteuses des pays frontaliers du Congo ne sont à aucun moment pointées du doigt.

Amarré depuis une décennie à la dénonciation des plaies de la société congolaise dans l’optique d’une éducation à la citoyenneté, digne de tous les éloges, Kin label fidèle à son engagement pose un jalon important dans son cheminement comme structure collective, et aborde une nouvelle étape de sa trajectoire vers des lendemains pour le moins prometteurs, en même temps que son mentor Asimba Bathy renforce son profil de chef d’orchestre déterminé et inspiré.

La bande dessinée est un secteur royalement ignoré par les pouvoirs publics congolais.

Il n’y a donc pas lieu de bouder le plaisir de feuilleter ce bel album aux couleurs magnifiques, même si le propos est par moment d’un conventionnel attristant.

Ce que ne manqueront pas de relever des lecteurs de bande dessinée exigeants.

Reste à savoir à qui s’adresse ce produit de luxe incessible à la bourse du congolais lambda.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Congo 50, Editions Roularta Books & Africalia, 56 p., avec une carte. Préface de Mirko Popovitch, directeur d’Africalia. Introduction d’Alain Brézault, coordinateur scénaristique. Prix : 12 euros. Une version en néerlandais est disponible.

[2] Asimba Bathy, Carla Bulaya, Jules Baïsole, Didier Kakwende, Fati Kabuika, Djemba Djeis, Tetshim Tshamala, Jason Kibiswa.

[3] Opération décrétée par les autorités zaïroises consistant à exproprier les hommes d’affaires étrangers au profit des citoyens zaïrois. Dans les entreprises publiques le leadership basculer entre les mains des nationaux. Il en découla à court et à  long terme des conséquences désastreuses pour l’économie du pays.

[4] Se sont joints à ce projet outre l’éditeur Roularta, le Musée d’Afrique centrale à Tervuren, et la Coopération Belge au Développement, Wallonie-Bruxelles International, etc.

05/07/2010

Culpabilité sans honte

Le 30 juin dernier la chaîne de télévision allemande ZDF a diffusé un documentaire centré autour d'Antoine Tshitungu Kongolo, écrivain et membre du Collectif Mémoires coloniales, dans ses efforts pour promouvoir une lecture critique du passé colonial à travers  notamment les monuments et vestiges dont la Belgique est jonchée.
Plusieurs sites ont été filmés par le réalisateur Piet Eekman et son équipe qui ont eu à coeur de mettre à contribution le savoir ainsi que la vision d'un écrivain congolais revisitant à l'aune de ses expériences et de ses recherches quelques épisodes du passé qui font toujours mal. Le titre Culpabilité sans honte en dit long. Ce documentaire tourné en juin 2010 est à découvrir sur le site de ZDF (voir le lien).
 
auslandsjournal
Schuld ohne Sühne
Belgiens verdrängte Kolonialvergangenheit
http://auslandsjournal.zdf.de/ZDFde/inhalt/20/0,1872,8085...


"Die Kongolesen mussten für solche Monumente hier in Belgien bluten und
leiden. Daher nennt man dieses Tor auch "das Tor der abgehackten Hände""
erklärt Antoine Tshitungu-Kongolo. Er steht im Parc du Cinquantenaire im
Herzen der europäischen Hauptstadt und zeigt auf den gigantischen
Triumphbogen, den König Leopold II. einst zum 50. Jahrestag der
Unabhängigkeit Belgiens errichten ließ.


Auspeitschen, Hängen, Hände abhacken - das alles gehörte zu den grausamen
Bestrafungen, die Belgiens König anordnete, wenn die Arbeiter in seiner
Kolonie nicht die verlangte Menge Kautschuk ernteten.

Ein ganzes Land als Arbeitslager

Antoine Tshitungu ist Geschichtswissenschaftler, Autor und Aktivist. In den
20 Jahren, die der gebürtige Kongolese nun schon in Belgien wohnt, erlebte
er immer wieder, dass die grausame Kolonialgeschichte totgeschwiegen wird.
Tshitungu Kongolo hat es sich daher zur Aufgabe gemacht, die Belgier über
die Verbrechen der Vergangenheit aufzuklären - zum Beispiel bei seinen
Stadtführungen durch Brüssel. Interessierte lernen hier die Zusammenhänge
zwischen den prächtigen Fassaden und den kolonialen Verbrechen, die unter
der Herrschaft Leopolds im Kongo begangen wurden, um den Reichtum Belgiens
und die Pracht seiner Hauptstadt zu ermöglichen.

Wie viele Millionen Menschen unter König Leopold II. zwischen 1885 und 1905
der kolonialen Ausbeutung zum Opfer fielen, weiß niemand genau. Es wird
geschätzt, dass nicht einmal die Hälfte der Bevölkerung überlebte . Die
genauen Zahlen sind unbekannt, da der Monarch alles dafür tat, die
Gräueltaten seines Regimes zu vertuschen, um als als Philanthrop in die
Geschichte einzugehen, der den Menschen im Kongo die Errungenschaften der
europäischen Kultur brachte. Doch in Wahrheit errichtete er ein
menschenverachtendes System mit dem Ziel, seiner Kolonie soviel
Bodenschätze wie möglich abzutrotzen.

Die Sieger schreiben Geschichte

Am 30. Juni 2010 feiert die Demokratische Republik Kongo 50 Jahre
Unabhängigkeit. Doch in Belgien fehlt es vielerorts an historischem
Bewußtsein. So widmet das afrikanische Museum in Brüssel dem Jubiläum
beispielsweise eine Sonderausstellung. Neben nostalgischen kolonialen
Fotografien werden ausgestopfte Tiger, Elefanten, Masken und Speere gezeigt
- ein romantisches Bild der einstigen Kolonie. Die Zeugnisse der
unmenschlichen Kolonialgeschichte fehlen. "Diese Ausstellung ist
unvollständig", kritisiert Antoine Tshitungu.

Auf seinen Touren erlebt er häufig überraschte und überraschende
Reaktionen. "In der Schule haben wir nur gelernt, was Belgien alles Gutes
und Schönes für die Wilden in Afrika getan hat", sagt die junge Belgierin
Diana. "Das war angeblich ein Volk ohne Kultur, ohne Geschichte." So
etwas hört der gebürtige Kongolese oft. Viele wollen den schockierenden
Blick hinter die Fassaden nicht wagen. Nur wenige, meist junge Belgier,
drängen auf eine Auseinandersetzung mit Belgiens grausamer
Kolonialherrschaft im Kongo. "Wir leben in Belgien und sind auf der Suche
nach unserer Identität", sagt Jeane-Jacques Beyne, ein junger Belgier mit
kongolesischen Wurzeln. "Wir kennen die europäische Geschichte. Die ist in
Büchern gut dokumentiert, aber was mit Afrika ist und vor allem das, was
die Belgier im Kongo gemacht haben - darüber wollten wir mehr wissen."





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