Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

01/02/2008

Vient de paraître

Antoine Tshitungu Kongolo, « Littérature congolaise : des pionniers à l’essor actuel » dans LE CARNET et LES INSTANTS , numéro 150, du 1er février au 31 mars 2008, pp.37-42




« Dans le cadre de l’opération « Yambi ! », organisée par la Communauté française de Belgique et le gouvernement congolais, de nombreux écrivains congolais ont rencontré le public mais aussi leurs confrères belges avec lesquels ils ont débattu de la littérature telle qu’elle se pratique ici et chez eux. Poésie, théâtre, essais, critique littéraire, transcriptions de contes et adaptations littéraires de textes oraux… le panorama de la littérature congolaise est en effet d’une richesse incontestable.
Voici, pour le lecteur non initié, une première approche qui, espérons-le, suscitera en lui le désir d’en savoir plus.

Ecrire en français et dans les langues locales
L’histoire de la République Démocratique du Congo a du mal à s’accommoder de normes en vigueur dans les anciennes colonies françaises d’Afrique. La politique d’assimilation chère à la France, qui aura imprégné pour le meilleur et pour le pire la trajectoire politique, culturelle et littéraire des pays placés sous sa tutelle fut tenue en suspicion par les Belges voire ostracisée.
Inséparable du principe de l'administration indirecte, la planification linguistique érigea quatre langues véhiculaires (kikongo, ciluba, swahili, lingala) au statut de langue d'évangélisation et d'enseignement. Dans ces quatre langues codifiées, promues et diffusées parfois au-delà de leurs aires traditionnelles d'expansion, les Congolais ont rédigé dans les moules reçus de leurs tuteurs une littérature marquée par l'adoptions des valeurs chrétiennes et occidentales. C'est à travers lesdites langues que les Congolais de l'époque coloniale ont appris à lire et à écrire qu'ils vont enrichir la bibliothèque écrite , d'une part en recueillant de l'intérieur les réactions du noir face à la mort d'un être cher. C'est un autre élève des missions en la personne de Thadée Badibanga qui est primé par l'Académie française, en 1930 pour un recueil de fables luba intitulé L'éléphant qui marche sur des oeufs. Le doute sur l’existence de Badibanga, considéré comme un auteur apocryphe, n’est plus d’actualité. Reste la complexité d’un ouvrage à plusieurs mains où les talents des imagiers Lubaki et Djila Tendo furent mis à contribution. Ce texte qui tire sa substantifique moelle du terroir kasaïen est loin d’être une nègrerie concoctée par G.D. Périer et Dulonge comme d’aucuns l’ont soutenu. Stefano Kaoze, premier prêtre catholique indigène, fut longtemps minorisé. Des travaux récents auront permis de le mettre en évidence tout à la fois comme une des premières figures intellectuelles du pays et comme pionnier de l’écriture en langue française, au-delà même de sa production de jeune séminariste. Comme pionnier de la fiction congolaise, le nom de Paul Lomami Tshibamba s’impose en amont de l’écriture romanesque tant au Congo Belge qu’au Congo français, où l’auteur vivra en exil.[…]

(Lire la suite dans LE CARNET et LES INSTANTS , numéro 150, du 1er février au 31 mars 2008 ). Pour tout renseignement sur ce magazine édité par la Promotion des Lettres :
Michelle Dahmouche, michelle.dahmouche@cfwb.be (Tél.02.413 23 21).

Les commentaires sont fermés.