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25/11/2007

Nos ancêtres les anciens combattants

Nos ancêtres les anciens combattants, acteurs de l'Histoire
 
Mon propos dans les lignes qui suivent est d'apporter au public quelques éclairages idoines sur la participation des soldats congolais aux deux guerres d'envergure mondiale qui ont marqué le siècle écoulé de leur empreinte tragique. Il s'agit de la Grande guerre de 1914 à 1918 et celle de 1940 à 1945 auxquelles des soldats congolais sous la bannière de la Force publique (ou comme volontaires) ont pris part tant en Europe qu’en Afrique et ailleurs dans le monde.
Si la contribution des tirailleurs sénégalais pendant la grande guerre à été souvent mise en évidence, le rôle des Congolais aura été quelque peu occulté et ses enjeux dans les relations du Congo et de la Belgique peu étudiés. Les générations actuelles tant en Belgique qu'au Congo manquent de repères sur le rôle des anciens combattants notamment ceux qui se sont signalés sur les champs de bataille en Belgique.
Ce retour sur l'histoire comporte de nombreux enjeux et non des moindres.
Il s'agit de restituer autant que faire se peut à la communauté congolaise de Belgique une part trop souvent méconnue et pourtant essentielle de sa mémoire. De permettre au public de mesure la contribution des Congolais à travers leur bravoure et leurs sacrifices à la survie de la Belgique. De restituer la trame de la présence congolaise en Belgique avec  sa charge historique et  sa dimension humaine. De lutter contre le racisme qui se fonde le plus souvent sur une mémoire tronquée pour stigmatiser les étrangers et nier de ce fait même la dette morale que la Belgique a contractée vis-à-vis de leurs ancêtres sur les champs de bataille de l'Europe.
Il s'agit de poser les jalons d'une nouvelle lecture de l'histoire belgo congolaise et euro africaine, de redonner un visage et une voix aux combattants congolais de deux grandes guerres et de les réhabiliter comme des véritables acteurs de l'histoire de la Belgique.
Cette dernière leur doit pour une bonne part la sauvegarde de ses libertés démocratiques menacées par la barbarie.

La lecture des articles de presse relatifs à la commémoration qui a eu lieu le 11 novembre 2007 à la Colonne du Congrès devant le monument au Soldat Inconnu laisse pantois. Aucune allusion aux combattants africains en l'occurrence les Tirailleurs sénégalais et les soldats congolais qui se sont battus sur les champs de bataille tant en Belgique- et notamment sur le front de l'Yser- qu'en Europe et ailleurs dans le monde. Nombreux furent tués; certains connurent une dure captivité en Allemagne. Parmi les rescapés, des invalides qui s'installeront en Belgique, sur le sol de la Mère Patrie. La création de l'Union Congolaise (société de secours mutuel et de développement de la race congolaise), la doyenne des associations congolaises de Belgique, par Paul Panda Farnana et ses compagnons pour la plupart des soldats rescapés de la boucherie de 1914-1918, visait à la reconnaissance de droits des vétérans de la Grande Guerre. Une des revendications emblématiques inscrites dans leur cahier de doléances consistait en l'érection d'un monument au Soldat Inconnu Congolais, voeu qui demeure à ce jour lettre morte.

Il sied de réhabiliter la mémoire des combattants de deux guerres du XX° siècle sur les champs de bataille de l'Europe (notamment sur le front de l'Yser), mais aussi en Afrique (e.a. Tabora, Mahenge, Kameroun, Saio, Assosa) et ailleurs dans le monde (e.a. Birmanie, Palestine). Cette réhabilitation passe par une relecture de l'histoire à même de combler les trous de mémoire, de réparer les omissions volontaires ou non. Ce qui implique la mise en oeuvre d'un important chantier loin des manipulations démagogiques et des récupérations malsaines des uns et des autres. Ce serait d'autant plus malvenu que les membres de l'Union congolaise se battaient pour un monde plus juste, plus soucieux de l'égalité entre les hommes, par-delà les barrières raciales. Eloignés de leur pays, le Congo, ces anciens combattants ne purent par la force des choses prendre la tête d'un vaste mouvement d'autonomie dont pourtant ils esquissèrent les grandes lignes.

 Antoine Tshitungu Kongolo

Ecrivain  

23/11/2007

Sublimes passions tribales

Sublimes passions tribales, récit, Edition Mosaïque, Kinshasa, 2000
Dans ce récit poignant l'intrigue est réduite à l'essentiel.Huit Mulongo s'est inspiré des évènements tragiques qui ont endeuillé le Katanga au tournant des années 90 avec leur cohorte de pogroms anti-kasaiens, suivis d'expulsions des populations originaires de deux provinces kasaiennes, indexées de proiteurs par des politiciens véreux en cheville avec le pouvoir vacillant du défunt Maréchal Mobutu.
Sur cette toile de fond dominée par l'intrumentalisation de la donne ethnique, portée à son acmé, se nouent une idylle entre Ilunga, originaire de la province cuprifère, et Accalmie, née de parents non-originaires.
Les sublimes passions tribales sonnent l'heure fatidique de l'explusion des indésirables sur des trains maudits qui les conduisent vers d'hypothétiques terres ancestrales.C'est la séparation forcée et doloureuse de Ilunga et sa dulcinée qu'il ne reverra plus.Le malheureux assommé par son drame personnel maudit les élucubrations criminelles des politiciens
Le traumatisme subi lui vaut un séjour de plusieurs semaines dans une clinique psychiatrique.
Cependant par un courrier miraculeux, Ilunga apprend que sa fiancée est encenite de lui.
Il reprend espoir dans l'attente du retour de sa belle  et de leur mariage.
Toutefois, la coupure entre les deux provinces ne permet guère de communiquer.
Grande sera la surprise de Ilunga de voir débarquer les parents de sa fiancée avec l'enfant né de leurs amours.L'absence de la mère l'intrigue.Le suspens est à son comble.L'irréparable est arrivé: Accalmie n'est plus.
Ce texte donne au thème de l'amour une résonnance tragique quasi unique dans la littérature congolaise de langue française.Ce récit a des accents shakeaspeariens; Ilunga et Accalmie sont, à leur manière,  les pendants de Roméo et Juliette.
Ils communient dans le refus de la loi des clans et des fratries.Ils n'ont cure des ukases de la haine, des mises à l'index et des appels au meurtre, rivés qu'ils sont à leur rêve commun, celui d'un monde débarassé du tribalisme.
Le titre constitue une antiphrase qui fustige les comportements inhumains de ceux qui ont pactisé avec la haine.
                              Antoine Tshitungu Kongolo

12/11/2007

rencontre avec J. Kankwenda à l'Espace Matonge

PANAFRICA asbl, en partenariat avec le CCAEB,

 

vous propose dans le cadre des Jeudis Littéraires une rencontre avec le professeur Mbaya J. Kankwenda

 

le jeudi 15 novembre, à partir de 19 heures, à l’Espace Matonge, chaussée de Wavre, n°72

 

 

Cette rencontre qui sera suivi d’un débat a pour thème : Les intellectuels congolais en question(s).

Modérateur: Antoine Tshitungu Kongolo, écrivain

 

Qui est J. Mbaya Kankwenda ?

 

 

Ancien Economiste en Chef du PNUD pour l’Afrique, Représentant Résident du PNUD et Coordonnateur Résident des Nations Unies dans plusieurs pays africains, et Adjoint au Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU pour la Région des Grands Lacs.

 

Aperçu bibliographique :

 

1. «Les intellectuels congolais face à leurs responsabilités devant la Nation », ICREDES, Kinshasa-Montreal-Washington, 2007, 426 pages

 

Une réflexion sur la capacité des intellectuels congolais d’assumer leur rôle dans la construction de la nation, leur responsabilité dans la situation et le devenir du pays, et la dynamique de leurs relations avec la société congolaise, tout en étant surtout une vigoureuse interpellation des intellectuels du peuple pour qu’ils se « réveillent » et relèvent les défis auxquels le pays fait face. (N.B. : résumé du directeur de la publication)

 

2. « L’Economie Politique de la Prédation au Congo-Kinshasa : des origines à nos jours », ICREDES, Kinshasa-Montreal-Washington, 2005, 438 pages

 

 

Une analyse des modes de gouvernance de prédation institutionnalisée – prédatocratie – qui à chaque période historique, sont en fait des systèmes, qui articulent le politique militarisé, l’économique et le socio-culturel, et se basent notamment sur des alliances spécifiques internes et externes, et sur la logique du fusil et de l’argent par opposition à la logique du peuple et du développement du pays. (N.B. : résumé de l’auteur).